the torrents of hope

À propos du livre

Les torrents d’espoir Cogito, 2020

La vallée du Richelieu, Bas-Canada, 1837. Au cours d’une escarmouche avec des soldats de l’Empire britannique, le père de Stéphane Talbot, ardent républicain, disparaît, laissant derrière lui une famille désemparée et sans le sou – le moulin familial est en ruine – et un fils animé d’une haine féroce envers les Anglais et surtout envers Henry Blake, l’officier responsable de cette destruction. Stéphane n’est donc pas heureux de la liaison entre le soldat irlandais Mervynn Parker et Catherine, sa mère. Jusqu’au jour où Mervynn a été envoyé en Chine avec son régiment. Catherine, démunie, est obligée de travailler comme bonne tandis que Stéphane s’engage sur les bateaux à vapeur du Saint-Laurent. Lors d’une escale à Montréal, il rencontre Gustave Hamelin, un ingénieur qui vient d’être engagé par Henry Blake, l’ennemi juré de Stéphane : il contrôle La Montreal Gas and Light. Les deux hommes se retrouvent face à face… Les Torrents de l’espoir est une superbe saga historique, pleine de souffle et d’exotisme, écrite par l’un des meilleurs romanciers du Québec, deux fois lauréat du Prix du Gouverneur général, le Goncourt local.

Les torrents de l’espoir

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La rivière Jacques-Cartier a ensorcelé les étés de mon enfance. Elle prend sa source dans les montagnes au nord de Québec, serpente à travers une vallée encombrée de blocs erratiques, creuse des fjords dans les sols friables de Pont-Rouge, puis rejoint le Saint-Laurent à Donnacona, à trente kilomètres en amont du cap Diamant.

Il y a quelque temps, j’éprouvai le besoin de retrouver la rivière et la maison de campagne de Saint-Gabriel-de-Valcartier que ma famille avait quittées pour n’y plus revenir. J’avais cessé de croire que le bonheur exigeait qu’on fuie son passé. Après une absence de quarante ans, rien ne semblait avoir changé dans le paysage rocailleux, hérissé de grands sapins d’un autre âge. Mais les souvenirs imprécis d’un enfant de six ans ne m’aidaient guère à localiser un paradis perdu dont je ne savais même pas s’il existait encore.

Dix fois, au détour de la route ou du haut d’une colline, je crus reconnaître la vaste maison où j’avais été si heureux. Je ne possédais qu’un point de repère: le barrage que mon grand-père avait fait construire et qui se trouvait à cinq minutes de marche de sa propriété. J’avais la certitude qu’au pied de cette redoutable muraille de béton se blottirait encore la centrale qui électrifiait autrefois la ville de Québec.

Après des heures d’errance, je tombai enfin sur un pont ferroviaire où, enfant, j’étais souvent allé jouer avec mes cousins. À la gauche du pont, un panneau annonçait une propriété à vendre ou à louer. Je poussai la barrière qui défendait l’accès d’un chemin de gravier et je descendis une côte abrupte.

J’espérais un miracle, mais le temps avait brisé les icônes de mon enfance. Une villa de style californien avait remplacé l’ancienne demeure aux bardeaux foncés et aux fenêtres étroites, et on cultivait un potager là où mon grand-père avait joué au croquet avec des ministres.

Personne ne répondit à mes appels. Je dévalai la pelouse jusqu’à la rivière. Ayant relevé mes jeans, j’enlevai mes espadrilles et m’avançai un peu dans l’eau fraîche de la Jacques-Cartier. À travers le murmure de la rivière, je crus entendre des voix lointaines.

PIERRE TURGEON

Né au Québec, le 9 octobre 1947 – Le romancier et essayiste Pierre Turgeon obtient un baccalauréat ès arts en 1967. En 1969, à l’âge de vingt-deux ans, déjà journaliste à Perspectives et critique littéraire à Radio-Canada, Pierre Turgeon crée la revue littéraire L’Illettré avec Victor-Lévy Beaulieu. La même année, il publie son premier roman, Faire sa mort comme faire l’amour. Plusieurs ouvrages ont suivi 22 titres au total : romans, essais, pièces de théâtre, scénarios de films et ouvrages historiques. Parmi ceux-ci, on trouve La première personne et La Radissonie, qui remportent tous deux le Prix du Gouverneur général pour le roman et l’essai respectivement.

En 1975, il fonde la maison d’édition Quinze, qu’il préside jusqu’en 1978. Il y publie de nombreux auteurs, dont Marie-Claire Blais, Gérard Bessette, Jacques Godbout, Yves Thériault, Jacques Hébert et Hubert Aquin, avant de devenir directeur adjoint des Presses de l’Université de Montréal (PUM) en 1978. Puis, de 1979 à 1982, il a dirigé les éditions du groupe Sogides, le plus important éditeur francophone d’Amérique. (L’Homme, le Jour, les Quinze). Il édite également des logiciels, lançant l’un des premiers éditeurs de texte français (Ultratexte) et le premier programme de vérification orthographique français (Hugo). Rédacteur en chef de la revue littéraire Liberté de 1987 à 1998, il a édité des numéros controversés sur la Crise d’octobre et la Crise d’Oka, ainsi que sur divers sujets politiques et culturels.

En 1999, il crée Trait d’union, une maison d’édition consacrée à la poésie, aux essais et aux biographies de célébrités, ouvrages signés entre autres par René Lévesque, Pierre Godin, Micheline Lachance, Margaret Atwood. Il est le seul éditeur canadien à avoir vu l’un de ses livres, une biographie de Michael Jackson Unmasked, atteindre la première place de la liste des best-sellers du New York Times. Entre-temps, l’auteur continue d’être prolifique et, en 2000, il a publié une histoire du Canada, en collaboration avec Don Gilmor, qui a remporté le prix Ex-Libris, décerné par l’Association des libraires canadiens avec la mention de meilleure histoire du Canada à ce jour.

Aujourd’hui, il travaille à la création d’un site d’édition entièrement consacré à la diffusion de livres électroniques en anglais et en français : Cogito, qui sera mis en ligne au début de l’année 2021.

Pierre Turgeon a la passion du passé. Parce qu’il vient de Québec. Attachez vos ceintures, car vous allez voyager. Des bords de la Jacques-Cartier, dans le prologue, en passant par Grosse-Ile, Montréal et Dublin, de là en Crimée en Chine, au Soudan, en Égype, tout ça en moins de 400 pages. Des guerres et de l’eau. – Anne-Marie Voisard, Le Soleil.

C’est avant tout aux passionnés d’histoire que Pierre Turgeon s’adresse dans Les Torrents de l’espoir. Quoi d’étonnant, quand on sait l’intérêt manifeste qu’il porte au récit à teneur historique depuis ses tout débuts en tant qu’écrivain ? Déjà, avec Faire sa mort comme faire l’amour, il puisait dans les annales familiales. Après s’être attardé à certains événements marquants du XXe siècle – la montée du fascisme dans Le Bateau d’Hitler, puis la situation politique du Québec des années 70 dans Un dernier blues pour Octobre, Turgeon a opéré cette fois-ci une grande plongée dans le temps, à l’époque de la rébellion des Patriotes. Rythme trépidant, personnages bien campés dans une réalité dure mais captivante, de quoi passionner ceux qui aiment se laisser emporter par les images d’une bonne histoire. – Claude Dessurault, Voir Québec.