Hitlers Boat

À propos du livre

Le bateau d’Hitler Cogito, 2020

Voici une étonnante histoire d’amour qui se déroule sur fond de petite et de grande histoire. Un livre troublant du début à la fin. Berlin, 1940. Séduit par une Allemande et la promesse d’Hitler de garantir l’indépendance du Québec, un journaliste montréalais prête sa voix à la propagande nazie. Quarante ans plus tard, Christophe Chénier découvre qu’il est le fils d’un homme singulier qui a épargné la vie de Churchill et a joué un rôle décisif dans le destin du Führer. Traître ou héros ? Qui était l’énigmatique Lizbeth, sa mère ? La réponse se trouve peut-être à bord de l’Helgoland, le voilier blindé qui devait sauver le Führer de ses ennemis, aujourd’hui amarré dans la baie des Chaleurs. Christophe Chénier se lance dans un voyage périlleux à la recherche des morts qui lui ont donné la vie. Un délire fascinant. Un livre éblouissant.

Le bateau d’Hitler

Roman
Pierre Turgeon

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J’ai décidé de ne plus attendre le moment opportun pour parler. Parce qu’il ne se présentera sans doute jamais. Je me passerai aussi de l’inspiration. Je n’attends aucun pardon, ni de Dieu ni de maître, seulement la paix que procure toute confession sincère. Après six ans de guerre, je déclare l’armistice et je signe ma reddition sans condition dans Berlin qui brûle derrière les carreaux fracassés de la Maison de la Radio (Reichsrundfunk), qu’ont déjà évacuée pour Dresde tous les services de Büro Concordia, qui émettait vers les Indes, la Calédonie, la France, la Norvège et le Canada français. Des télex démantelés, des machines à écrire et des cartons pleins de documents encombrent le hall d’entrée.

Les bras chargés de scénarios, de chemises et de disques de gramophone, les secrétaires se hâtent vers les camions et les voitures qui attendent dans la cour. Cherchant des camarades de travail que j’avais l’habitude de croiser dans les couloirs ou dans l’abri, je pousse avec confiance des portes familières pour ne voir qu’une chaise empoussiérée et sentir l’air frais venant d’une fenêtre fracassée.

La violence de l’artillerie soviétique nous a forcés, l’adjudant von Oven et moi, à nous réfugier à la cave. Il ne reste plus de charbon à brûler dans la cuisinière, pour réchauffer la chicorée. Nous fumons nos dernières Juno. Et ensuite, comme le générateur est tombé de nouveau en panne sèche, von Oven me quitte en jurant pour siphonner du diesel dans les réservoirs des panzers détruits. Je dispose donc de quelques heures de solitude. J’en profite pour me livrer à ce sabotage modeste, pourtant passible du peloton d’exécution, afin que survive mon histoire: j’écris à l’endos de ces documents qu’on m’a donnés à microfilmer, en allemand pour mieux me camoufler dans cette prose administrative teutonique dont j’espère qu’on saura extraire mon propre récit.

Peut-être qu’ainsi mes textes réussiront à sortir de l’encerclement. Personne ne sait encore qui emportera ces documents en provenance du bunker quand nous aurons fini de les photographier dans le seul studio encore opérationnel au centre de Berlin. Réquisitionné par la chancellerie!

PIERRE TURGEON

Né au Québec, le 9 octobre 1947 – Le romancier et essayiste Pierre Turgeon obtient un baccalauréat ès arts en 1967. En 1969, à l’âge de vingt-deux ans, déjà journaliste à Perspectives et critique littéraire à Radio-Canada, Pierre Turgeon crée la revue littéraire L’Illettré avec Victor-Lévy Beaulieu. La même année, il publie son premier roman, Faire sa mort comme faire l’amour. Plusieurs ouvrages ont suivi 22 titres au total : romans, essais, pièces de théâtre, scénarios de films et ouvrages historiques. Parmi ceux-ci, on trouve La première personne et La Radissonie, qui remportent tous deux le Prix du Gouverneur général pour le roman et l’essai respectivement.

En 1975, il fonde la maison d’édition Quinze, qu’il préside jusqu’en 1978. Il y publie de nombreux auteurs, dont Marie-Claire Blais, Gérard Bessette, Jacques Godbout, Yves Thériault, Jacques Hébert et Hubert Aquin, avant de devenir directeur adjoint des Presses de l’Université de Montréal (PUM) en 1978. Puis, de 1979 à 1982, il a dirigé les éditions du groupe Sogides, le plus important éditeur francophone d’Amérique. (L’Homme, le Jour, les Quinze). Il édite également des logiciels, lançant l’un des premiers éditeurs de texte français (Ultratexte) et le premier programme de vérification orthographique français (Hugo). Rédacteur en chef de la revue littéraire Liberté de 1987 à 1998, il a édité des numéros controversés sur la Crise d’octobre et la Crise d’Oka, ainsi que sur divers sujets politiques et culturels.

En 1999, il crée Trait d’union, une maison d’édition consacrée à la poésie, aux essais et aux biographies de célébrités, ouvrages signés entre autres par René Lévesque, Pierre Godin, Micheline Lachance, Margaret Atwood. Il est le seul éditeur canadien à avoir vu l’un de ses livres, une biographie de Michael Jackson Unmasked, atteindre la première place de la liste des best-sellers du New York Times. Entre-temps, l’auteur continue d’être prolifique et, en 2000, il a publié une histoire du Canada, en collaboration avec Don Gilmor, qui a remporté le prix Ex-Libris, décerné par l’Association des libraires canadiens avec la mention de meilleure histoire du Canada à ce jour.

Aujourd’hui, il travaille à la création d’un site d’édition entièrement consacré à la diffusion de livres électroniques en anglais et en français : Cogito, qui sera mis en ligne au début de l’année 2021.

La nouveauté du Bateau d’Hitler est double. D’une part, les éléments rétro qui s’opposent dans l’histoire sont allemands et québécois, d’autre part, ils n’animent pas un drame mais une fantaisie d’espionnage. L’enjouement porté par le style sert de contrepoint à la profondeur du thème et donne au roman sa propre originalité. – Gabrielle Pascal, Québec Français.

Ce sont des pages parfaites en termes de style, en termes de vraisemblance aussi, dont les limites sont toujours celles de l’écriture. L’intrigue, les relations entre les personnages, les images confuses de l’histoire et de la fiction, tout cela est si dense que je ne vois pas ce que l’auteur aurait pu y ajouter ou en soustraire. -Réginald Martel, La Presse.